Le dispositif CARPAGG en Guyane (CARbone des PAturages de Guyane et Gaz à effets de serre)

Date de mise à jour : 21 octobre 2013

Grands enjeux actuels de l'agriculture, les systèmes herbagers de Guyane, comme ceux de nombreuses zones d'élevages dans le monde, remplissent des fonctions productives et environnementales comme la lutte contre le réchauffement climatique. Le dispositif CARPAGG CARbone des PAturages de Guyane et Gaz à effet de serre (GES) étudie les potentiels de stockage de carbone dans les sols des pâturages issus de déforestation dans le but d'établir des bilans carbone et gaz à effet de serre.

CARPAGG en quelques mots

Au-delà de l'effet indéniable de la déforestation et du changement du mode d'occupation des sols sur les pertes de carbone, CARPAGG, cherche à identifier et  comprendre les mécanismes biologiques et les pratiques des éleveurs impliquées dans le maintien / la reconstitution des stocks de C après déforestation et mise en place de pâturages.

CARPAGG est co-financé par l’Observatoire du Carbone de Guyane Energie Climat (GES: http://www.gec-guyane.fr)

Le dispositif relève des questions scientifiques actuelles sur le rôle et les enjeux des écosystèmes pâturés dans le réchauffement climatique. L’objectif est également d’accompagner le développement de l'élevage en Guyane dans le contexte fortement évolutif de l'adaptation de l'agriculture au Changement Global et du changement d’utilisation des terres dans la région emblématique de l’Amazonie.

Le projet contribue à créer en Guyane une plateforme régionale de recherche originale sur la question des bilans C et GES en forêt et sur zones déforestées. Les  systèmes herbagers sont étudiés en lien avec les sites forestiers d'origines (témoins) qui sont aussi l'objet de recherches sur des bilans C et GES (projets Guyaflux, Guyafor, Guyasim, Umr ECOFOG). La Guyane présente une situation unique où les choix de développement peuvent être raisonnés à partir de la préservation d’écosystèmes naturels et leurs réponses à l’exploitation et à leur transformation. Ces connaissances sur l’anthropisation des systèmes ont été acquises expérimentalement grâce à une présence des centres de recherche depuis plusieurs décennies. Le dispositif CARPAGG est une contribution plus récente et complémentaire à cette production de connaissances et de références sur le fonctionnement des systèmes forestiers et déforestés.

L’observatoire associe dans sa forme actuelle des organismes de recherches comme le Cirad, l’Inra et les principaux institutionnels concernés par la question (ADEME, ONF, DAAF, DEAL). Son objectif est d’accompagner la politique carbone et gaz à effet de serre de la Guyane concernant la gestion des forêts, le développement agricole et l’aménagement du territoire. L’observatoire a une mission d’information, d’aide à la décision et de suivi du changement d’usage des terres dans le cadre du développement territorial de la Guyane.

Quelques résultats marquants

Le dispositif s’organise autour d’actions complémentaires mis en place depuis 2010 en situation réelle dans les systèmes herbagers d’élevage bovin implantés avec la graminée Brachiaria humidicola après déforestation.

Nos dispositifs de mesures et d’observations sont concentrés autour de deux tours à flux installées en 2010 dans 2 prairies pâturées d’âges très contrastés, l’une déforestée en 1978  et l’autre en 2008. L’utilisation de tours à flux permet de mesurer en continu les flux de CO2 échangés entre l'écosystème prairial et l'atmosphère et d'en calculer le bilan (la prairie puits ou source de C ?). En parallèle des mesures de flux nous avons estimé le stockage de carbone des prairies par des mesures de stock de carbone du sol sur un mètre de profondeur le long d’une chronoséquence  intégrant 4 forêts témoins et 24 prairies âgées de 6 mois à 36 ans, le stock de carbone mesuré des sols des prairies de plus de 30 ans retrouvent un niveau de stockage équivalent ou supérieur (135 t C/ha ±11.3) à celui des sols forestiers d’origine (99.6 t C/ha ±7.4). Ce résultat apparait cohérent avec les mesures de flux pour 2011-2012 qui atteindraient 1.8 ± 0.5 tC/ha/an pour une prairie de 33 ans. Donc globalement, les prairies issues de déforestation en Guyane fonctionnent comme des écosystèmes stockeurs de carbone à condition de les pérenniser sur plusieurs décennies.

L’analyse des flux de protoxyde d’azote (N2O) par chambre statique et l’estimation indirecte des émissions de méthane (CH4) par analyse de la composition des fèces visent la mise au point d’indicateurs simples en vue de la réalisation de bilan GES en exploitation d’élevage.

Pour les années 2011-2012, en intégrant les 3 GES (CO2, N2O et CH4), la prairie ancienne avec un faible chargement instantané moyen annuel de 1.3 UGB s’avère être un puits de carbone entre de -1.2 tC/ha/an ±0.5. Durant cette même période, la prairie jeune avec un fort chargement instantané moyen annuel de 3.5 UGB est une source de carbone de +0.9 tC/ha/an ±0.5.

Collaborations principales

  • INRA UREP Unité de Recherche sur l'Ecosystème Prairial- INRA Clermont Ferrand
  • INRA URZ Unité de Recherche Zootechnique, Centre Inra de Guadeloupe (M Boval)
  • CIRAD (B&SEF)
  • Umr ECOFOG ECOlogie des Forêts de Guyane (projets GUYAFOR, GUYASIM, GUYAFLUX)
  • Exploitations  d’élevage Hugues Bergère (Bio Savane Sinnamary), (ETVM Elevage Tourisme Vert MAcouria).
  • EMBRAPA Belém

Séminaire de restitution du dispositif

Les actes du séminaire carpagg

Les actes du séminaire (10,5Mo)

Le programme

Les présentations

Quelques brochures

Date de mise à jour : 21 octobre 2013

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