Soutenance de thèse d'Annabelle Daburon

La soutenance de cette thèse, conduite dans le cadre d’une étude d’impact socio-économique en Egypte d’un projet de business inclusif dans la filière laitière : Socio-economic Impact assessment of Danone Egypt Ecosystem Project (SIADEEP) et le Cirad (UMR SELMET), s'est tenue à Paris le 20 octobre 2017.

 

Thèse

Proposition de construction territorialisée de business inclusifs laitiers à l'aide de la gestion de la qualité du lait. Approche multi-scalaire à partir d'un cas d'étude égyptien.

Université/école doctorale :  ED435 ABIES
UR/Labo d'accueil : UMR Selmet (France) & Animal Production Research Institute (APRI) (Egypte)

Directrice de thèse : Alary V. 
Co-directeur : Tourrand JF

Résumé

Des groupes agro-alimentaires se tournent vers les filières laitières artisanales pour assurer leur approvisionnement. De cette tendance émergent des business inclusifs (BI). Malgré l’engouement qu’ils suscitent auprès des acteurs du développement agricole, ils restent délicats à mettre en œuvre. Mais dans quelle mesure la coordination de ces BI relève de démarches inclusives ? Quelles sont les barrières à leur adoption et les conséquences sur leur durabilité ? Un cas d’étude est analysé pour explorer ces questions, le projet DEEP (Danone Egypt Ecosystem Project). Initié en 2011 par le fond Danone Ecosystème, en partenariat avec Danone Egypte et l’ONG CARE, il promeut un business model  réplicable de centres de collecte de lait (CCL) de vache auprès des petits producteurs, dans des coopératives agricoles publiques. Ce BI tente de sécuriser l’approvisionnement de la laiterie Danone et de contribuer au développement socio-économique des villages hôtes. Dans la thèse, un cadre analytique transdisciplinaire est élaboré ; la gestion de la qualité permet d’associer une approche chaîne de valeur (CV) et une approche système agroalimentaire localisée (SYAL). Des données socio-économiques sont collectées entre 2014 et 2016, individuellement et collectivement, auprès des acteurs directement ou indirectement impliqués dans ce BI. Si l’extrême diversité des activités, des objectifs et des ressources des acteurs qui « gravitent » autour du produit lait et du BI est mise en évidence, améliorer la qualité du lait semble être un but partagé. La distance et les asymétries de pouvoirs entre les partenaires limitent la promotion de stratégies répondant à la complexité et à la variabilité du contexte égyptien. Au dépend de la collaboration, des logiques d’intégration et de coercition s’installent dans la chaîne de valeur inclusive (CVI), pilotée en aval par l’entreprise avec l’ONG. Si la qualité sanitaire du lait fourni par les CCL s’améliore, la qualité compositionnelle se dégrade. L’entreprise rejette fréquemment les livraisons des CCL sans mécanisme de compensation et la CVI construite est fragile. Le BI est alors abordé en examinant l’évolution du SYAL laitier d’Halabeya. Après 6 années d’interventions, le CCL y est un acteur central des réseaux de collecte de lait. Il influence la qualité sanitaire via les institutions qui l’organisent (analyses de la qualité du lait, fixation des prix ou connaissances sur l’hygiène). La promotion d’un pôle concentrant l’offre de services agricoles pour les fournisseurs du CCL échoue. Une multitude d’entreprises familiales de proximité, organisées en réseaux spécialisés mais non coordonnés, l’assurent. Il semble que la généricité de la construction de CVI durable doive passer par la systématisation de processus de partenariat. En Egypte, une cellule de coordination villageoise pourrait être créée. Réunissant divers acteurs clef du SYAL, elle pourrait activer les ressources territoriales aux profits des habitants et du BI, en l’associant dans un comité de pilotage avec des représentants de l’état, de l’entreprise investisseuse et de l’ONG. Ce comité de pilotage s’attacherait à bâtir un business model adapté au territoire et aux besoins des partenaires, puis à piloter la CVI construite. L’utilisation de l’amélioration de la qualité du lait pourrait catalyser l’action collective. Par la sensibilisation des partenaires, l’implication de l’état, le recours à des facilitateurs et la possibilité pour les territoires de communiquer sur ces interventions, limiter les asymétries de pouvoir devient envisageable. Original par son utilisation de la gestion de la qualité comme un facteur d’inclusion, le cadre d’analyse permet d’aborder des échelles variées et plus ou moins distantes et pose les bases d’un cadre d’action favorisant la territorialisation des partenariats de BI. Ainsi, bâtir des CVI durables, c’est contribuer à l’émergence de territoires autonomes, voie prometteuse dans les pays du Sud comme du Nord.

Mots clés : Business inclusif, Lait, Egypte, Gestion de la qualité, Système Agro-Alimentaire Localisé, Chaîne de Valeur Inclusive

Publiée : 15/11/2017

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